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Parler de moi, c'est pas facile

Des anomalies. Que d'anomalies !

Publié le 25 Octobre 2012 par Tigoulli Ana Tir

"Mi madre qué pasa ?" aurait crié un espagnol. Les informations livrées de Paris via les agences européennes de l'information telles que Reuters et l'Agence France Presse sur l'état de santé supposé et la sortie éventuelle de Aziz de l'hôpital militaire Percy-Clamart se retrouvent à chaque fois "démenties" à Nouakchott par d'autres informations ou faits émanant plus particulièrement d'individus et d'institutions supposées êtres "loyaux" au régime de Aziz. On dirait que, depuis le 13 octobre dernier, les soutiens civils et militaires de Aziz se sont scindés en deux groupes toujours ensemble mais distincts. Chacun des deux groupes neutralise l'autre jusqu'à présent. Cette situation vraisemblable donne lieu à des anomalies qui poussent plus encore le mauritanien à croire que quelque chose, quelque part, se trame. Par qui et où ? Allez savoir. Mais constatez avec moi ces anomalies qui rendent le le nuage entourant ces "nouvelles de Paris" encore plus épais et ajoute du flou à la situation déjà critique à Nouakchott.

1. A supposer que, réellement, Aziz est sorti depuis plus de 48 heures de l'hôpital militaire Percy-Clamart et qu'il a "opté" pour une "courte" convalescence en France, comment peut-on expliquer que la Télévision de Mauritanie et l'Agence Mauritanienne d'Information se soient abstenues jusqu'à présent de diffuser cette nouvelle ? Sachant que depuis le soir du 13 au 14 octobre dernier, ces deux organes publics n'ont épargné aucun effort pour faire de la blessure de Aziz par balles un simple "fait divers" et qu'il est allé en France juste pour des "analyses et soins complémentaires". Et pourquoi, Mr Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, l'ambassadeur à Paris et unique responsable mauritanien en contact direct avec Aziz, préfère-t-il depuis trois jours livrer exclusivement "ses" points de presse à des agences étrangères alors que le premier souci du gouvernement est de rassurer les mauritaniens en Mauritanie ? Est-ce pour Aziz une nouvelle manière de démettre, à distance, le Ministre de la Communication, les Directeurs de la TVM et de l'AMI ou est-ce une autre maladresse de Ould Brahim Khlil et dont il est le seul initiateur ? En tout cas nos organes publics restent de marbre devant la "bonne nouvelle".

2. Hier, le Gouverneur de la Banque Centrale (Mr Sid'Ahmed Ould Raiss), connu pour être l'ami et le confident de Aziz s'est vu "interdire" d'embarquer à bord du vol d'Air France à destination de Paris pour rendre visite à Aziz. Il était réservé et s'est même présenté à l'aéroport mais juste avant d'embarquer un appel du Général Ghazwani en personne l'en a dissuadé. Pourquoi a-t-on empêché monsieur le Gouverneur d'accomplir son "pélérinage" en Occident auprès de son ami et confident ? Si les consignes étaient d'empêcher les responsables et les hauts dignitaires de l'Etat de faire le déplacement comme tous les autres inconditionnels, pourquoi a-t-on attendu la dernière minute pour en avertir Sid'Ahmed Ould Raiss ? Et surtout pourquoi Ould Raiss n'a-t-il pas averti au pralable le Général Mohamed Ould Ghazwani, le supposé sage Gardien du Temple en l'absence du grand Aménophis Premier ?

3. Il est de notorieté publique que le Général Ghazwani n'a aucune ambition politique et n'aspire en rien -en tout cas jusqu'à présent- à diriger la Mauritanie ne serait-ce que pendant les 45 jours en cas d'empêchement définitif de Aziz. Or, de plus en plus, des voix s'élévent, à la fois au sein de l'entourage parental de Aziz et de son parti l'Union Pour la République, pour critiquer publiquement ce Général, s'en prendre à sa vie privée, et considérer comme acquis son limogeage dés le retour de son compagnon et ex-beau frère. Que reproche-t-on réellement à Ghazwani dans les hautes sphères "civiles" du pouvoir ? En veut-on au Général Ghazwani pour la version officielle de la blessure par une "balle par erreur" ou le rend-on responsable d'autre chose d'inavouable encore ? Toujours est-il qu'Il régne ces jours-ci une atmosphère de guerre civile au sein de l'Union Pour la République que seule la collecte des fonds pour l'éventuel accueil populaire de Aziz arrive encore à dissimuler au grand public.

La liste des anomalies recensées ces dernières 72 heures est longue et diversifiée mais je vous épargne le reste.

A leur place je vais me livrer à un exercice assez amusant. Pour une fois, je vais être plus optimiste -pour ne pas dire plus irréaliste- que le clan de Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil et supposer réellement que Aziz va regagner la Mauritanie dés ce dimanche 28 octobre et renouer avec "son" pouvoir. Dans ce cas, à quel Aziz aura-t-on affaire : à celui d'avant le 13 octobre arrogeant, indélicat, immature, irrévérencieux ou à un nouveau Aziz rendu sage par la poudre et devenu sociable après sa blessure intestinale ? Tirera-t-il des leçons de son drame et deviendra-t-il plus juste et plus humble, lui qui a frôlé la mort ? Ou, au contraire, telle une bête blessée il s'enfoncera encore davantage dans sa folie meutrière ?

En attendant le dimache du "retour", je vous souhaite à vous et aux vôtres un bonne fête du Sacrifice et une prière "acceptée" et télévisée de l'Aid El Adha en présence du Général Ghazwani dans l'enceinte de la Grande Mosquée de Nouakchott. Personnellement, je n'y ai pas posé patte à cette occasion depuis des années mais cette prière là, je ne la raterai que si le Bon Dieu me rappelle à Lui d'ici là.

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