La Mauritanie n'est décidément pas un Etat d'Institutions. Des soutiens, encore hier les plus inconditionnels de Aziz, aux opposants les plus farouches aux régimes militaires, tout le monde cherche par différentes méthodes de s'attirer, déjà, les faveurs du Général Mohamed Ould El Gazwani, Chef d'état-major de l'armée nationale et véritable homme fort du régime aujourd'hui.
Tout ce monde a compris que Aziz et son entourage immédiat est une page tournée mais personne ne souhaite que les dispositions constitutionnelles prévues en cas de vacance du pouvoir ne soient respectées. Un autre coup d'état constitutionnel est en marche. Ses auteurs, certes, tâtonnent encore mais ils sont décidés à le parachever "step by step".
Les officiers supérieurs démentent déjà, en privé, la version officielle "offerte", le premier jour, par le ministre de la communication "sur ordre verbal" du Général Gazwani. Les ministres deviennent plus bavards et s'accrochent à la thèse de la tentative d'assassinat survenue dans l'enceinte de la Présidence de la République et non sur la route d'Akjoujet. Des hauts responsables de l'UPR et de la COD s'entretiennent déjà en secret de "l'après Aziz" et n'accordent plus le moindre crédit aux rumeurs diffusées ici et là par des cousines de Aziz et faisant état de l'amélioration de son état de santé et même de son retour imminent parmi les mauritaniens.
Tout ce monde semble vouloir dire d'une seule voix : "adieu Aziz, bienvenue Gazwani !".
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